J’ai testé un zettelkasten sur Obsidian avec 120 notes croisées

Thaïs Garnier

mai 28, 2026

J’ai ouvert Obsidian à 19 h 40, le clavier encore tiède sous mes doigts. Mon zettelkasten m’a sauté au visage. Au bout de 6 semaines, j’avais 120 notes et un MOC principal enfin lisible. Mes tags, eux, commençaient déjà à se contredire.

Je rédige depuis 15 ans des contenus business et finance pour des médias en ligne, près d’Orléans. Je tourne autour de 40 articles par an, donc je repère vite quand une organisation me fatigue. Ce soir-là, mon compagnon a pris le relais avec notre enfant de 5 ans, et j’ai pu trier sans interruption pendant un vrai créneau calme.

Au départ, mes notes partaient déjà dans tous les sens

J’ai lancé ce test avec une capture rapide 5 jours sur 7. Le week-end, je faisais un tri plus lent, directement dans Obsidian, en Markdown. Je reliais les notes atomiques au fil de l’eau. Je gardais en tête la logique de Niklas Luhmann, sans copier son rituel.

Je voulais vérifier une chose simple: est-ce que mes MOC deviennent plus lisibles que mes tags quand le volume monte? J’ai travaillé avec une vraie exigence de rédactrice. Ma Licence en Sciences Économiques, obtenue à l’Université d’Orléans en 2010, m’a laissée avec ce goût des repères nets. Je regardais donc mes titres avec sévérité, surtout quand je retombais sur la même idée sous deux formulations différentes.

J’avais des titres trop vagues. J’avais aussi des doublons et quelques notes en attente. Le soir, je reprenais le tri dans le salon, avec le bruit de fond de la maison. Mon enfant de 5 ans passait par moments derrière moi. Je devais rester concentrée malgré ces petites coupures.

Très vite, j’ai vu que je n’avais pas besoin d’une méthode brillante. J’avais besoin d’une méthode qui tient quand je suis fatiguée. C’est là que le test devenait intéressant.

J’ai tenu le protocole au quotidien, puis j’ai corrigé en route

Je me suis fixée une règle simple. Je ne gardais que les liens qui expliquaient une relation réelle. Pas les liens ajoutés parce qu’un mot se ressemblait. Quand une note méritait plus de matière, je montais à 4 liens pertinents, pas davantage.

J’ai aussi limité la capture en rafale. Un ajout trop rapide finissait par parasiter la note au lieu de la clarifier. La semaine, je capturais. Le samedi, je nettoyais. Et je gardais les notes courtes, avec une idée par bloc quand c’était possible.

J’ai distingué très clairement les backlinks, les MOC et les tags. Sinon, je mélangeais tout et je perdais le fil. Les backlinks me montraient ce qui pointait vers la note en cours. Le MOC me servait d’index thématique. Les tags restaient secondaires.

Quand je doutais, je reprenais mon réflexe de vérification. C’est le même que quand je croise les tableaux de l’INSEE dans mon travail. Je nommais chaque fonction pour ce qu’elle faisait. J’ai corrigé 3 choses presque tout de suite: j’ai réduit les tags qui se ressemblaient trop, j’ai renommé les notes trop abstraites, et j’ai lancé une revue hebdomadaire de 24 minutes.

Pendant cette revue, je fusionnais les doublons. Je reliais les notes orphelines. Je supprimais aussi les raccourcis qui ne menaient nulle part. Ce temps de tri m’a paru plus rentable que mes hésitations du départ.

J’ai traversé un vrai doute un soir. 120 notes me semblaient trop peu pour produire un effet zettelkasten net. En réalité, le problème venait moins du volume que de la densité des liens utiles et de la précision des titres. J’ai trouvé le constat un peu rude. Mais je l’ai vu assez tôt pour corriger sans tout jeter.

Je me suis surprise à passer plus de temps à relier, renommer et fusionner qu’à écrire de nouvelles idées. Cette découverte m’a dérangée au début. Je pensais que le système allait presque se gérer seul. En fait, sans entretien, mes notes restaient des blocs isolés.

Le jour où les tags ont commencé à me mentir

J’ai senti la bascule quand j’ai ouvert une note centrale. Plusieurs tags me renvoyaient vers des groupes presque identiques. Je devais vérifier la même idée deux fois, à deux endroits différents. La tag soup s’est installée sous mes yeux.

Une note marquée idée business me renvoyait au même groupe qu’une note réflexion. Je perdais la hiérarchie au lieu de gagner du tri. À l’inverse, mon MOC principal restait propre, avec son entrée Veille business bien visible et ses sous-sections alignées.

J’ai mesuré la différence dans mon usage quotidien. Quand le MOC est propre, je retrouve une idée en quelques secondes depuis une note voisine. Quand mes titres sont précis, je passe de plusieurs minutes à moins d’une minute pour remettre la main sur une idée déjà vue. Je n’ai pas besoin d’un chiffre plus sophistiqué pour le voir.

J’ai aussi vérifié la vue graphe. Dès qu’une note centrale accumulait trop de liens bidirectionnels, j’obtenais une boule de spaghettis. Le graphe faisait joli. Mais je ne m’en servais plus pour travailler. La vue backlinks, elle, restait lisible.

J’ai encore l’écran en tête: le graphe ressemblait à une pelote de laine sombre sur fond noir, tandis que ma note d’index principale restait propre. J’ai ouvert cette note et j’ai retrouvé l’entrée du sujet sans forcer. C’est là que j’ai compris que la carte visuelle impressionne moins que la note qui tient vraiment la route.

À 120 notes, voici ce que j’ai vraiment gagné

J’ai gagné du temps de repérage. J’ai aussi gagné un peu de calme quand je cherchais une idée précise. Les notes orphelines ont reculé dès que je les ai reliées ou fusionnées. Mon système a cessé de me renvoyer des doublons à répétition.

J’ai aussi gagné une sensation de mémoire externe plus nette. Je la sentais chaque fois que je passais d’une note à sa voisine sans rouvrir la recherche globale. Je me suis surprise à ne plus taper le nom du sujet dès le départ. Au début, je le faisais presque à chaque fois.

Mon verdict est simple: les MOC me sont plus utiles que les tags dès que mon système grossit, mais seulement si je garde des titres précis, une revue régulière et peu de liens vraiment pertinents par note. Pour quelqu’un qui accepte 24 minutes de revue hebdomadaire et un peu de tri manuel, le résultat est solide. Pour un usage collectif très chargé ou un archivage réglementé, je ne m’avancerais pas autant.

Je poserais donc une limite nette. Si je multiplie les tags proches, si je ne trie jamais ou si je veux zéro entretien, je reviens vite à une organisation plus simple. Je ne me raconte pas d’histoire. Dans Obsidian, comme dans mes dossiers nourris par l’INSEE, je vérifie l’intitulé, je coupe le bruit et je ne garde que ce qui me sert vraiment.

Thaïs Garnier

Thaïs Garnier publie sur le magazine UNCBPT des contenus consacrés aux livres, aux formations et aux ressources utiles pour mieux comprendre le business, la finance et les méthodes de progression. Son approche repose sur la sélection de repères pertinents, la synthèse d’idées fortes et la mise en clarté de contenus pensés pour aider le lecteur à apprendre et à avancer.

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